Enquête d'intégration quand tu nous tiens...

La Djiboutienne d’une trentaine d’année, réfugiée reconnue, fut étonnée de l’ampleur de l’enquête. Au commissariat de sa commune, l’entretien avec l’agent de quartier a duré environ trois heures. Il a été suivi d’une visite domiciliaire.

Notre témoin a bien retenu les questions, nous permettant d’avoir une bonne vue du contenu de cette enquête. Elle a eu à répondre à des questions telles que :

·         Peux-tu me décrire la Belgique ? Un mot qui te vient à l’esprit ?
·         Qui est le roi Albert II ? Connais-tu un/des politicien/s belge/s ? Qui est Elio di Rupo ? Quel est le premier ministre sortant ? Combien y’a-t-il de régions en Belgique ?
·         Quels sont les résultats des dernières élections chez nous ? Qui a gagné ces élections ?
.         Que connais-tu des partis politiques ? Combien y a-t-il de grandes villes ? Cite-moi les principales communautés du pays ? Quelles langues parles-tu ? Quelles études as-tu faites ? Où travailles-tu ? As-tu des amis belges ? Pourquoi avoir choisi la Belgique ? Ton choix s’est-il porté sur un pays francophone ? Connais-tu les différentes chaînes nationales du pays ?
·         Connais-tu des sportifs belges de haut niveau ? Si oui, lesquels ? Pourquoi ce pays t’attire-t-il plus qu’un autre ? Comptes-tu-y demeurer longtemps une fois devenue belge ?

Et à la maison…

·         Pour voir comment vous vivez.
·         Vous habitez seule ? Vous avez de la famille ici ?

En fin d’interview, la jeune femme demande à l’agent de police pourquoi toutes ces questions. Il lui répond qu’il ne comprend pas non plus, qu’on le lui a demandé. De plus, il pensait se trouver face à une personne qui ne parlerait aucune des langues du pays.

Retour du chou-fleur à la sauce blanche ?

L’enquête sur la volonté d’intégration, avant la modification législative de 2000, était généralement considérée comme humiliante, comme une atteinte à la vie privée du demandeur et comme une base d’arbitraire. A l’époque, l’une des questions typiques était la suivante : ‘Savez-vous préparer du chou-fleur à la sauce blanche ?’

Si nous examinons les questions auxquelles notre témoin a eu à répondre, nous ne pouvons que constater le peu de différences avec le questionnaire d’alors :

-          Parle-t-il au moins une de nos langues nationales ? (difficilement, suffisamment, couramment)
-          Langue parlée en famille :
-          Elève-t-il ses enfants dans une des langues nationales ?
-          Le requérant manifeste-t-il une volonté d’intégration ?
-          Traduit-il par son comportement le désir de vivre en harmonie avec la communauté belge ?
-          Le requérant fréquente-t-il des Belges ou des étrangers ? (uniquement, principalement, occasionnellement) - (relations professionnelles, relations privées)
-          Est-il ouvert aux contacts avec les Belges ? Favorise-t-il ces contacts pour lui-même et pour sa famille ? S’intéresse-t-il à la vie économique, politique ou culturelle belge ?
-          A-t-il établi ses attaches principalement en Belgique ou les a-t-il conservées à l’étranger ?