Les débuts ...

Le 24 novembre 1991. Dimanche noir. Les partis fascistes Vlaams Blok, Front National et Agir font une percée électorale de 479 917 voix. Quelques antiracistes réagissent promptement et, du tac au tac, lancent la campagne Objectif 479 917.

La pétition 

Objectif relève le défi de rassembler en un an 479 917 signatures pour les droits égaux pour les immigrés, autant que de voix qui sont allées à l’extrême droite. La pétition émet une exigence claire : les autorités doivent donner un signal positif non ambigu : l’égalité totale des droits politiques et sociaux par l’octroi automatique de la nationalité belge après cinq ans de séjour légal dans le pays.

La campagne de pétition suscite l’enthousiasme. Quelque 12 000 volontaires, surtout des jeunes, passent à l’action. Des stands sont érigés aux coins des rues, sur les marchés et sur les places, à des festivals et fêtes, pour inviter les passants à signer la pétition.

Le nombre de signatures croît rapidement et la campagne mène également à des milliers de discussions sur le racisme, les discriminations et les droits égaux. L’action de pétition permet également une énorme campagne de sensibilisation.

Lors de la campagne de pétition, 1 500 personnalités de divers milieux soutiennent l’exigence d’Objectif.

Au fur et à mesure que le 24 novembre 1992 approche, la tension monte. Le but des 479 917 signatures, sera-t-il atteint ? 3 000 volontaires viennent à la fête de clôture du dénouement de la campagne, à Anvers. C’est la réussite ! En un an de temps, quelque 582 172 signatures sont rassemblées pour les droits égaux.

Vu que les possibilités de la campagne de pétition sont loin d’être épuisées, les personnes à l’origine de l’initiative décident d’aller jusqu’au million de signatures.

Le 14 mars 1995, le but est atteint : 1 007 704 signatures. Elles sont remises au Premier ministre Dehaene à la rue de la Loi. Il donne quelques tapes amicales dans le dos, mais le gouvernement ne prend aucune initiative. La campagne de pétition a cependant réussi à mettre à l’avant-plan l’exigence des droits égaux.

Entreprise sans racisme

La campagne de pétition a également conduit à un débat au sein des instances syndicales. En juin 1994, quelques responsables syndicaux lancent l’appel ‘Le mouvement syndical forme le meilleur rempart contre l’extrême droite’. Celui-ci renforce l’action Entreprise sans racisme qui stimule le travail avec la pétition dans les entreprises.

La délégation syndicale des Forges de Clabecq est la première à recevoir le certificat Entreprise sans racisme en novembre 1994. D’autres entreprises et délégations syndicales suivent assez rapidement son exemple.

Elections alternatives

Lors des trois élections de 1994 et 1995, Objectif organise des élections alternatives pour les personnes qui n’ont pas le droit de vote. Dans 20 villes, des urnes d’élections alternatives sont installées. L’action est suivie attentivement par la presse et constitue à chaque fois une accusation virulente du fait qu’un dixième de la population belge ne compte pas politiquement.

Acquisition de la nationalité

Lors des élections alternatives, Objectif est confronté aux nombreux problèmes que la demande de la nationalité belge implique.

A la suite de cela, la division Bruxelles d’Objectif entame, en 1997, des permanences de soutien aux personnes qui veulent demander la nationalité belge. Elles sont intégralement assurées par des volontaires.
En peu de temps, Objectif est devenu ‘le spécialiste’ en matière d’acquisition de la nationalité. Et les permanences connaissent un succès sans cesse croissant.

Nous diffusons les connaissances et l’expérience que nous acquérons en matière d’acquisition de la nationalité via des brochures, des communiqués de presse, des articles et à des stands. Nous ne voulons pas seulement prester des services mais surtout nous attaquer à l’inégalité légale en matière de droits. C’est pourquoi nous continuons à lutter sans réserve pour l’octroi automatique de la nationalité sur la base du seul critère objectif : le séjour légal dans le pays. Nous constatons en effet que l’octroi de la nationalité belge dépend souvent de l’arbitraire.