Mardi 15 février - La colère de Rachid Madran

L’atmosphère ne s’améliore pas à la Commission de la justice. Cela chauffe d’entrée de jeu.
Ce qui met le feu aux poudres, c’est une question de Rachid Madran (PS) sur les avis des diverses institutions et associations. « Ne devrions-nous pas parcourir ces avis et en discuter à la Commission ? Il s’agit quand même d’un matériau de valeur. »
 
La présidente, Sarah Smeyers, ne voit aucune raison à une telle discussion. « Dans d’autres commissions, cela ne se fait pas non plus. » Ce que conteste Rachid Madran. Entre-temps, Theo Francken (N-VA) et son collègue du Vlaams Belang ironisent sur les avis de ‘vos petits copains’. « Il vous est toujours possible d’introduire de nouveaux amendements » réagit Sarah Smeyers, qui passe d’emblée à l’ordre du jour.
Ce qui fait sortir Rachid Madran de ses gonds. Il trouve un tel comportement inadmissible. « Pourquoi demandons-nous des avis si nous n’en tenons aucun compte ? » Il souligne que le débat porte sur une affaire importante. « Il s’agit ici de la nationalité belge, ce qui n’est pas rien. »
 
Dans tout ce brouhaha, Nahima Lanjri (CD&V), tente de calmer les esprits. Elle en appelle à un débat serein et rappelle à ses collègues que si la Commission a décidé de demander des avis, ce n’est pas pour les classer tout simplement mais pour les étudier. Mais Ecolo-Groen! et le MR sont absents et Christian Brotcorne (cdH) ne réagit pas. Rachid Madran est donc isolé et la discussion se poursuit.  
 
Quoiqu’on ne puisse plus vraiment appeler cela une discussion. Il n’est plus question d’un débat sur le contenu. Chacun présente son amendement, sans beaucoup de réactions. La présidente fait avancer le débat de plus en plus vite. Les différents articles passent à toute vitesse.
 
Il en va de même de la proposition de l’Open Vld de bloquer toute demande s’il y a des divergences entre les données de l’acte de naissance et celles du registre national. Si, dans un document, Mohamed est écrit avec un m et avec deux dans un autre, il faut d’abord résoudre le problème avant que la demande ne puisse être introduite. Et, de la sorte, on continue à rechercher tous les moyens de décourager les gens et de faire monter les frais…
 
Et puis, il y a l’article 16, devenir belge sur la base du mariage avec un/une Belge. Il faut tout simplement le supprimer, estiment la N-VA et le Vlaams Belang. L’Open Vld est plus souple et veut simplement rendre cette possibilité bien plus difficile… Le PS plaide pour le maintien de la législation actuelle et le Cd&V veut uniquement une légère adaptation.
 
Et ainsi l’affaire est close. Et hop on passe au sujet suivant.
La vitesse à laquelle les articles de loi sont discutés ici est effrayante. Il s’agit pourtant de choses qui ont un impact énorme sur la vie de gens qui – et je le souligne encore une fois – résident de façon permanente dans notre pays. La présidente Smeyers (N-VA) donne tout simplement toute la gomme pour passer au vote aussi rapidement que possible. Elle a déjà fait ses comptes : la N-VA (4), l’Open Vld (2) et le MR (2) totalisent 8 voix. Il suffit d’en engranger une de plus pour obtenir une majorité. Le Cd&V (2) contribuera-t-il à atteindre cette majorité ?